Semi Marathon de Vincennes (octobre 2018)
- Cécile Germin
- 1 juin 2020
- 3 min de lecture
Chaque course donne une leçon. On apprend à chaque fois. Et ce dimanche-là, encore une fois, j'ai appris.
Ma leçon sur ce semi 2018 a été celle du mur.
Le mur c'est la hantise du runner. Si j'ai bien géré le marathon de Paris et que le mur n'a pas frappé, j'ai totalement sous-estimé que le mur peut arriver aussi sur un semi.
Le mur c'est quoi ? C'est quand ton corps arrive à bout de ses ressources. Tu as épuisé tes réserves de glycogène. En gros, c'est une panne de carburant musculaire, un coup de pompe qui intervient subitement, sans signe annonciateur.
Passé le 17e km, j'ai senti que mes jambes ne voulaient plus courir. C'est assez bizarre à décrire. Ton cerveau sait que tu dois courir, mais tes jambes ne répondent plus. T'as beau te dire qu'il faut courir, les muscles ne veulent plus. Ne peuvent plus.
Alors je me suis arrêtée. J'ai bu... Pas mal. J'ai marché, je me suis fait violence pour repartir. J'ai commencé par trottiner puis j'ai repris à courir.
Quand j'ai passé le panneau du km20, j'ai senti arriver une vague de sanglots que je n'ai pas pu retenir. J'ai pleuré. De découragement. Il restait seulement 1.1km mais ça m'a soudain semblé inatteignable. Totalement impossible à réaliser.
Et là, tout va à 100 à l'heure (sauf les guiboles.....). Le cerveau se ressaisit. Il DOIT se ressaisir.
Des flashs : je me revois finir le marathon. J'entends les petites voix que j'aime qui me bottent le cul. Je pense à mes enfants, à mon homme, à tous ceux qui comptent pour moi.
Je suis une wonder guerrière. Il n'est pas concevable de ne pas terminer. Je vais le finir ce semi. Et en courant.
L'abandon n'est pas une option.
Le public est là. Il encourage les coureurs. On m'appelle par mon prénom. Les gens applaudissent. Des enfants tendent leur main.
J'ai passé la ligne au bord de la nausée.
Je me suis collée à une barrière le temps de reprendre mes esprits, avant de retrouver mes supporters.
Mais comme à chaque fois, cette immense fierté d'avoir réussi le challenge m'a envahie.
C'est précisément pour ça qu'on y retourne. Pour cet instant-là, pour ce sentiment-là.
Alors pourquoi le mur a-t-il frappé au semi, et pas au marathon ?
2 jours après, je sais...
J'ai très mal géré mon ravitaillement. En réalité, j'avoue, j'ai pas géré du tout. L'organisation a été vraiment nulle certes, j'ai zappé tous les ravitos car ils étaient ravagés. Mais j'avais tout pour être auto-suffisante. J'avais ma gourde, et mes pâtes de fruits.
Sauf que je n'ai quasiment rien bu, et surtout rien mangé car je n'ai pas eu la sensation de faim.
Grosse erreur.
Je n'ai presque pas bu car pas pu aller aux toilettes avant le départ (pas assez de toilettes prévues, trop de queue....) et du coup j'avais déjà envie avant même de partir. Donc je n'ai pas voulu trop boire.
Pas assez bu + pas mangé = ça n'a pas pardonné. Paf ! Le mur...
Malgré tout, je retiendrai de cette course l'ambiance qui est tellement fun, courir avec les copains c'est toujours un vrai plaisir (même si on se sépare en cours de route), cette sensation de liberté quand on court, le dépassement de soi qu'on va chercher, et cette joie de franchir la ligne pour enfin faire la fête avec les proches.

Ne cherche pas à voir la médaille, y'en a pas eu.... L'orga était toute pourrie cette année-là et ça été ma 3e et dernière participation !




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