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Marathon de Paris, "bis repetita" (03 avril 2022)

  • Photo du rédacteur: Cécile Germin
    Cécile Germin
  • 30 juin 2022
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 févr. 2023



09h00 : Me voici donc arrivée place de l’Etoile, il fait vraiment froid, mais pas un nuage… Météo France ne s’est pas trompée, au final.

Je rejoins le stand Air France, dans la zone VIP, où Béatrice du service com’ me reçoit telle une princesse.

C’est top : il y a un abri, un coin pour se changer avec un espace consignes, un ravito (avec serveur) digne d'un salon business, et le summum du luxe : des toilettes privatives. N’importe quel coureur comprendra le côté extrêmement VIP de ce "détail"….

Je n’aurai pas droit au massage post-course car je sais que j’arriverai bien trop tard… mais c’est prévu pour les plus rapides ! (Prochaine fois, je me cale dans le sas des 3h30 pour avoir le massage)

J’attends tranquillement au chaud mon heure pour rejoindre mon sas de départ, le dernier. Quelques collègues arrivent encore mais la plupart sont déjà partis. On est "Tortue" ou on ne l’est pas.

Le dernier à arriver sur le stand est Kenneth, un gars plutôt sympa que je connais un peu du boulot au simu. On rejoint le sas, on est dans le même, je cherche Lisa, mais je ne la vois pas.


On discute avec Kenneth, il est très drôle, on se marre, et je comprends assez vite à l'écouter qu’on va avoir grosso modo le même rythme. Si on fait la course ensemble ça devrait être sympa !

Je me suis fait mon traditionnel "bracelet d’allure" en partant sur une base de 8km/h. Ça fait une course en 5h17, en grattant bien je me dis que je peux viser 5h15, car moi j'aime pas les chiffres bancals.

Les Champs-Elysées sont en feu ! Les coureurs trépignent. On n’en peut plus d’attendre. Musique, clapping, la foule est chaude ! Les premiers partis eux, sont déjà en train d’arriver ! Petit à petit, au fur et à mesure des départs, on se rapproche de l’arche… Toujours pas vu Lisa.

11h03 : c’est parti pour moi….

Je connais le parcours, et ses pièges. Les Champs sont le 1er piège : en descente avec l’adrénaline, tu peux te griller en 1km. Je freine Kenneth, il va un peu vite. On s’est mis d’accord : chacun son rythme, et quand y’en a un qui veut partir, il part, mais Kenneth aime bien l’idée que je sois son lièvre, car il a du mal à gérer son allure, et moi je suis un vrai coucou suisse !

J’adore cette partie du parcours, c’est ma préférée : les Champs, la place de la Concorde, la Place Vendôme, l’Opéra…. Paris la majestueuse est juste magnifique ! J’en prends plein les yeux.

KM 5 : mon bracelet d’allure m’indique 37mn30, on passe à 37mn32… Arrive la côte de Reuilly, je freine encore Kenneth, car il a tendance à s’emballer.

KM 10 : on arrive à Vincennes, y’a toujours un petit vent bien cinglant. C’est le seul bémol, ce froid. Le ciel est sans un nuage. Bracelet d’allure : 1h15, chrono 1h14… Je suis bien calée. Ma précision fait sourire Kenneth.

Les kilomètres s’enchaînent, on est bien, lui il enchaine des gels achetés à l’arrache sur le salon.

Moi je tourne aux bananes et aux pâtes de fruits tous les 6km, je bois bien toutes les 20m, je suis à la lettre mon habitude de ravitaillement. Le mec, il porte des chaussures neuves le jour d’un marathon, il a picolé comme un porc la veille, et il teste des gels direct en course ! …

L’air de rien on arrive aux 20KM avec 3mn d’avance sur le plan. On est bien, j’alterne avec ou sans le coupe-vent.

On va sortir de Vincennes, le semi est proche. Bientôt mi-parcours. J’ai les cuisses qui chauffent, je me dis qu'il va bien falloir que le corps suive, vu qu’on a fait que la moitié.

A chaque passage de chrono tous les 5KM, je saute sur la bande avec un gros "YES !".

Ambiance de folie sur le parcours... Les pompiers de Paris en mode Bogoss, des groupes de musique, des pom-pom girls, des percussionnistes qui donnent envie de danser (une pensée à chaque fois pour toi ma Cerysette), des mômes qui veulent qu'on leur tape dans la main et qui applaudissent ! ...

"Ici.... C'est... Paaaaaris ! "

KM25 : on a rattrapé les quais. Notre-Dame pas loin, on va enquiller les tunnels. Ils m’avaient fait peur en 2018 mais il faisait tellement chaud ce jour-là que j’en avais apprécié la fraicheur. Cette année, il fait tellement froid que j’apprécie ce répit aussi ! On a toujours 3mn d’avance sur le plan.

Le froid n’a pas décontenancé les parisiens qui sont venus en nombre nous encourager, j’ai rajouté mon prénom sur mon dossard, ils m’encouragent avec mon prénom, j’adore !

Les jambes tiennent la route, mon petit stress du semi s’est dissipé. Je suis bien, bien dans mes jambes et au taquet dans ma tête ! Je kiffe cette course.

J’appréhendais de ne pas avoir fait de prépa spécifique marathon, et finalement, ma prépa pour l’Ultra à venir en Bourgogne fait le job ! Je tiens la route malgré une seule sortie course par semaine. J'ai beaucoup travaillé l'endurance. Et ça passe.

Je fais une « escale » avant le dernier tunnel, car je sais que je ne tiendrai pas jusqu’au bout sans arrêt pipi, le froid est trop diabolique ! Kenneth continue, je lui ai dit que je le rattraperai, mais je vais mettre tout le tunnel à le rattraper, le bougre...

Il commence à être moins bavard. Je lui demande souvent comment ça va, mais je sens bien que ça commence à être dur pour lui. Il me dit aussi que s’il ne m’avait pas suivi sur mon allure, il serait déjà grillé car il serait parti bien trop vite.

KM30 : 4mn d’avance sur le plan. La Dame de Fer nous contemple à suer malgré le froid sur les pavés parisiens.

Kenneth s’enferme dans sa bulle. Il est en train de prendre son Mur (et de payer sa beuverie de la veille...). Je ne fais pas trop ma maline, car moi je sais que mon Mur arrive souvent autour du 35e et le 35e ici, ce sera après la fatidique côte du Boulevard Suchet, juste avant d’arriver à Boulogne.

KM33 : l’interminable Boulevard Exelmans. Kenneth me dit de continuer, de ne plus l’attendre, de faire ma course, il est dans le dur. Je lui demande s’il est sûr. Il confirme. Alors je sors mes écouteurs, je lance ma musique et je me mets dans ma bulle à mon tour.

Et je pars. Pour finir ma course. Je vais attaquer cette fichue côte Boulevard Suchet. Autour de moi, ça marche beaucoup, les corps sont moulus, cramés, les visages crispés. Les démarches "canard" font mal rien qu'à les regarder. Hors de question que je marche cette côte ! J'ai survécu aux 20km de côtes à Athènes, je survivrai aux 500m du boulevard Suchet. Je sais qu’après je peux lâcher les chevaux. Et c’est précisément ce que je vais faire.

Maintenant qu’elle est montée, il n’y a plus aucune difficulté. Que du plat (ou presque) pour finir et "quelques" pavés…

KM35 : j’ai toujours 4mn d’avance sur le plan. Je me lâche. Mes jambes ont tenu 35km, elles vont tenir encore 7 bornes, j’ai envie de me faire plaisir jusqu’au bout. Cette course est un vrai kif. J’ai aucune pression de rien, il fait beau, je suis bien, même si ça tire un peu dans les jambes, je gère. Je ne zappe aucun ravito. Je suis la ligne verte.

Boulogne. Au bout, la fondation Vuitton est autour du 40e, et la Porte Dauphine au 42e.

Je vais passer chaque kilomètre restant sous les 7mn/km, pas facile de "lâcher les chevaux" après 35 bornes, dans ma tête pourtant j’ai l'impression de "tracer" .

KM40 : je saute une fois de plus sur la bande chrono ! Avec un "YES ! 40" tonitruant !

Ça pique : il reste 2 km que je trouve littéralement in-ter-mi-na-bles : les cuisses brûlent et j'ai un peu la nausée (tiens c'est nouveau ça, jamais eu) mais c’est le cerveau qui reprend les commandes maintenant. C’est long là…. Les kilomètres les plus longs de l’histoire des kilomètres. Ava Maxx s'égosille dans mes oreilles pour m'encourager.

J’attends la Porte Dauphine avec tellement d’impatience, car je sais qu’après ce sont les 195 derniers mètres. C’est bien joli de vouloir tout donner mais faudrait pas que ça dure encore trop longtemps, car Mamie commence à bien cracher ses poumons et avoir la gerbouille.

KM42 : ça y est : Porte Dauphine ! La foule est toujours là, pour accueillir les derniers courageux que nous sommes, parce que je suis quand même dans la queue du peloton hein !

Je sais qu’une fois que je tourne à l’angle, je vais voir l’arche d’arrivée et l’Arc de Triomphe au fond. Bon en vrai, je ne vois jamais l'Arc, car mon cerveau se focalise toujours sur l'arche. Je l'avais zappé en 2018 et "découvert" en accompagnant Christophe en 2019. Je lui rabâchais "Regarde comme c'est beau, regarde comme c'est beau". Ben cette année, rebelote : je n'ai encore pas vu l'Arc .

195 mètres, il reste 195 mètres.

Je veux finir en sprint, je ne veux rien lâcher, je me suis tellement éclatée sur cette course, que je vais aller au bout du kif total ! Alors j’accélère (si tant est que ça soit encore possible).

Les gens tapent sur les barrières, il y a cette ambiance de feu. L’arche se rapproche, je foule le tapis vert.

Je profite de cet instant, je franchis la dernière bande chrono avec mon désormais rituel "YES !" et toute la fierté possible d’avoir réussi une nouvelle fois cette fantastique aventure du marathon.

Si à Athènes je franchissais la ligne en larmes (de joie et de fatigue), cette fois-ci j'ai un sourire Ultra Bright Power Plus-Plus. Cette banane qui ne m'a pas quittée de la course.

Décrire comment je suis quand je franchis cette ligne est assez compliqué à expliquer… Malgré mon corps fatigué par l'effort j'ai une sensation de plénitude, un sentiment d'accomplissement et de me sentir "complète" à cet instant précis.

Réussir le challenge, repousser les limites. "Ta seule limite, c'est toi ! ".

Il y a aussi cette reconnaissance envers mon corps, capable d’aller au bout de cet effort, et de mon mental qui ne faiblit pas, qui m’emmène (toujours) au bout du projet.

Courir m'a fait grandir ces dernières années. C'est indéniable.

Aujourd’hui je ne doutais pas du mental, je doutais du corps. Mais il ne m’a pas trahie. Il m’a même surprise.

J’ai super bien géré cette course, je me suis économisée sur le premier semi, pour garder de la "fraîcheur" pour la fin (enfin…. "fraîcheur" …. tu vois quoi…), et ainsi éviter le Mur et les grosses douleurs.

J’ai pris un vrai plaisir d’un bout à l’autre du parcours, j’ai profité de l’endroit, du moment, des gens, j’ai écouté mes sensations. J’ai aussi retrouvé le plaisir de raccrocher un vrai dossard, de retrouver l’ambiance course qui m’avait tant manquée depuis 2 ans.

Si tu as réussi à lire jusque-là, tu es bien méritant…

Alors sache que Kenneth m’a rejointe au stand Air France 20mn plus tard, entier, fatigué, mais le sourire aux lèvres et avec sa médaille autour du cou !

Et aussi que je n’ai pas –à mon grand regret- revu Lisa, arrivée peu de temps après moi, mais en rade de téléphone.

Merci ❤ Air France pour ce dossard last minute inespéré et cet accueil VIP,

Merci ⭐ la Vie de me permettre ces belles aventures,

Et merci Paris pour ce beau spectacle ! De retour à la maison j'ai profité d'une bonne bière bien fraîche en guise de récup !


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