Marathon des Vignobles d'Alsace (Juin 2023)
- Cécile Germin
- 4 août 2023
- 4 min de lecture
... Le 25 juin dernier, je courais le Marathon des Vignobles d'Alsace. Non, je ne te ferai pas un récit comme je le fais d'habitude. Ce marathon était différent. Je l'ai couru dans le cadre de ma prépa pour les 100km de Millau. Et j'ai eu l'impression de le courir de l'extérieur.
En revanche je peux te donner mon avis sur cette course. C'est un marathon bien rodé (17e cette année), qui vraiment n'a rien à envier aux "gros". Si tu veux te faire plaisir, sans hypothéquer ton foie (qui va te servir pour digérer les ravitos), franchement tu peux y aller les yeux fermés. Coût du dossard marathon : une soixantaine d'euros. Et franchement, ça les vaut largement. Il a lieu le dernier WE de juin, donc tu es quasiment assuré qu'il fera beau (... et très chaud aussi...).

Le concept : c'est un marathon festif et gastro-vinique. Donc déguisement vivement recommandé, grosse ambiance et 12 ravitaillements avec des mets locaux et les vins associés, tout ça en plus des ravitaillements classiques.
Le gagnant remporte son poids en bouteilles de vins, et chaque finisher se voit remettre, en plus d'une jolie médaille bien plus belle que celle du Marathon de Paris, une bonne bouteille de blanc d'un producteur du coin, et une paire de chaussettes techniques de confection locale.
En gros, si tu veux faire un temps, pète ton PEL et choisis plutôt Berlin...
Le parcours est superbe, mais toutefois exigeant. On court dans les vignes, dans des petits villages alsaciens typiques aux noms imprononçables, on voit des cigognes partout, on traverse des ponts, les supporters sont au taquet, et les ravitos bien garnis, parce que l'Alsacien n'est pas radin.
Le paysage est vraiment très beau.

C'était dimanche, je ne suis pas allée à la messe, mais j'ai quand même croisé Jésus...

Tous les types de sol sont à prévoir : cailloux, bitume, chemin, terre, sable, paille..... donc chaussures trail indispensables.
Un petit 500m de D+ annoncé, 390 enregistrés sur ma montre. Le D+ passe bien, les grimpettes sont un peu difficiles avec la chaleur, sinon ça va.
Côté organisation franchement rien à redire. Ils sont très pros : remise des dossards bien rodée, village marathon sympathique, aucun problème de stationnement dans Molsheim (petite ville très chouette). Des navettes gratuites sont prévues pour aller au départ. Et au départ il y a aussi du café, de l'eau, de la brioche, mais aussi le Graal : des toilettes en nombre suffisant. Sur le parcours, des vrais bons ravitos classiques et gastros, ils avaient même rajouté des points d'eau (en nombre suffisant) vu la chaleur caniculaire. Sur les ravitos gastros, le vin était frais, même pour les derniers coureurs et même par 36 degrés. A l'arrivée, il y avait des ostéos et une assiette du coureur pour se restaurer (j'ai eu la flemme de faire la queue... mais il y en avait encore). Je félicite ceux qui ont réussi à finir en ayant fait tous les ravitos gastros par plus de 35 degrés, pour certains avec un déguisement qui leur a tenu chaud pendant plus de 6h (respect hein, moi j'ai cru mourir de chaud en short et tshirt)...
Pour information, sur le WE il y a aussi un semi et un 10km (avec ravitos gastro-viniques), une marche, un 10km en double et un 5km pour les enfants.

Maintenant parlons de ma gestion de course. Mon objectif était de courir cette course comme un entraînement, en Cyrano (alternance de 9mn course et 1mn marche). Estimation du temps : 5h30. J'avais prévu mes fioles à diluer pour boire (500ml d'eau par heure avec sirop de citron et sel). L'idée était aussi de m'alimenter suffisamment comme pour Millau (entre 60 et 90g de glucides par heure, boisson d'effort comprise). Donc clairement, je savais qu'à part le Gewurtz au 31e, je ne goûterai pas les ravitos de vin.
Je me suis totalement mise dans une espèce de bulle, tout en profitant de l'ambiance et du parcours.
Je ne saurai pas vraiment le décrire mais ça donne un état assez bizarre : là et pas là en même temps. Dans la course, mais concentrée sur mon objectif.
Les points négatifs :
- Partie bien trop vite, je n'ai pas respecté mon allure cible. Je me suis laissée emporter par l'ambiance course, les discussions entre coureurs, la musique et les déguisements...
- J'ai très mal géré mes ravitos. Il faisait hyper chaud. J'ai perdu bcp de temps à m'arrêter pour boire et m'arroser. Je n'ai pas beaucoup ni assez mangé (bretzel, pain épices, autres spécialités mais pas assez...).
J'ai donc aussi plombé mon Cyrano en m'arrêtant ou en marchant sur certaines portions (exemple une côte avec de la paille au sol, hyper glissant, impossible de courir).
Les points positifs : + le mental : j'ai eu un mental d'acier. Pas un coup de mou. J'étais au taquet et très déterminée. Jamais je n'ai couru un marathon avec un tel mental. Le Pérou m'a aidée pour ça, c'est indéniable... + je suis arrivée relativement fraîche. Je n'aurai certes pas rempilé pour un 2e marathon mais je pense que j'aurai pu enchaîner 10-15 bornes encore avant de commencer à souffrir. J'avais les jambes qui tiraient mais rien d'insurmontable. Nettement plus fraîche que sur mes derniers marathons. + j'ai fini en 5h45, j'avais estimé 6h max, même si la théorie aurait voulu 5h30. C'est donc pile entre les 2. S'il avait fait moins chaud, je me serai beaucoup moins arrêtée et n'aurai pas pris le temps de faire des photos. Je pense donc que j'aurai pu tenir les 5h30 ou 5h35.
++ La cerise sur le gâteau : mon GG m'a rejointe au 41e et il a fini la course avec moi... en claquettes. On a passé la ligne ensemble, pour la première fois.

Alors quelle leçon tirer pour Millau ? Une bonne assistance de course va être indispensable, et c'est GG qui va être la clé de la réussite. Ne pas avoir à se soucier de préparer les bouteilles avec la solution d'hydratation, ne pas s'arrêter pour choper les ravitos, m'aider à respecter mon allure, m'aider à garder le mental quand le dur va arriver..... ça va être un énorme plus. D'autant que Millau... c'est 2 marathons 1/2.




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