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Marathon de Detroit (17 octobre 2021)

  • Photo du rédacteur: Cécile Germin
    Cécile Germin
  • 30 juin 2022
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 févr. 2023



... A l'origine, je devais courir ce marathon en octobre 2020. J'avais choisi cette course pour continuer mon challenge "1 marathon par continent" et courir ainsi en Amérique. Le Detroit FreePress Marathon a la particularité de passer par 2 pays puisque Detroit est à la limite du Canada et que le parcours vous emmène à Windsor en Ontario en traversant le pont Ambassadeur avant de revenir sur Detroit. Mais la Covid a ruiné mes plans en 2020. J'ai donc reporté le projet à 2021. Sans compter la fermeture des frontières américaines qui m'a forcée à annuler mon voyage. Cependant j'ai décidé de courir le marathon malgré tout, en France, en mode virtuel, le même jour que mes amis américains. L'organisation m'a expédié mon dossard, mon tshirt et ma médaille avant la course. Pour aller au bout du délire, comme mes amis américains étaient fans de Paris, j'ai choisi d'arriver au pied de l'Arc de Triomphe, un brin symbolique quoi ! Hasard du calendrier, le 17 octobre 2021 était aussi le jour du marathon de Paris 2020 reporté. Je devais donc éviter le parcours. Mon parcours était : de chez moi à l'Arc de Triomphe, en longeant les bords de Marne pour accéder à Paris.

Le temps est parfait : un peu frais pour partir (6°) mais le soleil va briller. On va avoir un temps idéal.... Quelle chance !

Je pars avec 2L d'eau dans mon sac car je crains la chaleur. J'ai beaucoup bu sur mes 2 précédents marathons. Comme je déteste la poche à eau, car au bout d'un moment la flotte est chaude, j'ai opté pour des bouteilles de 50cl calées avec mon tshirt de secours. Et 1L dans ma ceinture avec mon ravito de pâtes de fruits et gels. Mon sac est lourd. Trop lourd. Ce sera ma 1ère erreur, et je vais le découvrir rapidement.

Les premiers km s'enchaînent parfaitement sur les Bords de Marne. Mon allure est impeccable, je suis en mode "coucou suisse". Tout va bien. Je croise très peu de monde, quelques sportifs courageux visiblement intrigués par mon dossard. La Marne est sous la brume, le paysage est magnifique. Je reste concentrée, donc pas de photo.

Vers le km10, je commence à avoir des points de côté, alors je me concentre sur ma respiration. En fait je comprendrais plus tard que mon sac trop lourd me fait prendre une mauvaise posture et que du coup, je bloque ma respiration (2e erreur).

Ça défile. Les bords de Marne sont magnifiques avec leurs couleurs d'automne, j'aime vraiment ce terrain de jeu. Il y a beaucoup plus de monde, promeneurs, coureurs, vélos, ça bouge pas mal par là.

J'arrive au Semi : mon SuperGG est là pour un petit coucou "on ze road". Ça me requinque, parce que je commence à me dire que je suis en train de morfler. Les points de côté ont du mal à passer. Les jambes ça va, mais je commence à avoir mal au dos. J'ai fait la moitié. Je tiens bien mon objectif de 5h de course.

Je sais qu'à Joinville vers le 25-26e, je vais bifurquer vers Vincennes. Les km s'enchaînent. Mais je vois un panneau de rue qui dit "Champigny sur Marne".... Euh.... C'est pas prévu ça. J'arrête une dame et lui demande mon chemin. Elle me dit que je suis allée trop loin. Et je la vois zieuter ma feuille "Ah ben bon courage ! Vous n'avez pas fini ! " C'est un euphémisme... Demi tour. Je pensais avoir fait un détour de 1.5km, mais en fait ce sera 3km. (3e erreur)

Km28 : je rejoins le pont de Joinville et reconnais le parcours qu'on a fait avec les copains pour aller au Louvre. Tellement moins facile sans orienteur.

Vincennes ! Enfin ! Je suis sur mon parcours. J'ai mal au dos. Avec du recul je me dis que j'aurai dû jeter la moitié de ma flotte pour m'alléger, mais sur l'instant je n'y ai pas pensé. Je passe devant le château. Je croise le marathon de Paris.

En fait, c'est super dur de courir si longtemps tout seul. Sur une course officielle il y a des supporters tout du long, des groupes de musique, des volontaires. Moi je croise des gens qui me regardent bizarrement, mais pas d'encouragements. Je sais que ma famille et mes amis pensent à moi, mais là je suis seule.

J'égrène toujours mon "bracelet de km" que j'ai préparé. Ce bracelet, c'est mon chapelet. A chaque km je repense à un truc sympa partagé avec chacun, à un souvenir. Ça va m'aider à tenir.

Km35 : bon, et sinon elle est où cette place de la Nation ?????? J'aperçois un barrage du marathon à gauche.... Et finalement à droite j'aperçois Nation au loin. Je ne suis pas trop nulle finalement. Je vérifie quand même sur Google parce qu'avec 35 bornes dans les pattes j'ai pas trop envie de me foirer (ahahahaha tu vas voir ma grande si tu ne vas pas te foirer)

Ça passe. Jusqu'au km38. Et là..... ça casse ! C'est là que je vais flancher, lentement, mais sûrement.

Je cherche la place des Vosges. Pas un panneau bordel !!!! Mais comment font les touristes ? J'arrête encore un mec et je lui demande. Il me dit de traverser le marché et que c'est juste en face. Pas moyen de traverser, donc je contourne. 4e erreur : je me trompe de rue. Ça va être ma fin. Je ne verrai jamais la place des Vosges, ni l'Elysée, ni Beaubourg

Km39 : Là je craque. Je m'arrête. Et je me mets à pleurer. J'ai mal, mon dos est moulu. Je suis perdue. Je suis au milieu d'une rue de Paris qui ne ressemble à rien. Enfin si, à une rue de Paris quoi...

Le coup de mou dure moins de 5mn parce que je me dis que "putain de bordel de merde" (pardon...) je ne vais pas lâcher. Je vais abandonner mon parcours puisque je n'arrive pas à le suivre, et je vais demander à St Google de m'aider (parce que St Google sait tout) pour abréger mes souffrances. ... 5.7km pour aller à l'arc de Triomphe qu'il dit Google... Je recouine un peu.

Rue des filles du calvaire. Je pense à voix haute : "C'est plutôt le calvaire de la fille oui !"

Et je repars... Parce que je repars toujours. La Kinder n'abandonne jamais. Elle met parfois un genou à terre, mais elle se relève toujours .

Je me surprends à garder quand même mon allure. En fait, les jambes vont bien. C'est hallucinant : j'ai 40 bornes dans les pattes, mais c'est le dos qui flanche. Le sac a tapé sur la ceinture qui a frotté... En fait j'ai une grosse brûlure de frottement dans le dos, en plus des lombaires douloureuses.

Km41 : je passe devant la Bourse, puis l'Opéra. Magnifiques ! Je vois la ligne verte au sol, signe que le marathon de Paris est passé par là.

Km42.... Que des feux rouges ! C'est fait exprès ou bien ? J'enquille le Boulevard Haussmann. Les 200 derniers mètres se font désirer. Je verse une larmichette d'arriver ENFIN à la distance marathon (mais pas l'objectif qui est l'arc de Triomphe).

J'arrête la montre pour valider la distance officielle devant les Galeries Lafayette. Je m'arrête quelques instants pour appeler mon GG et lui dire que je remonte jusqu'au point de RDV. Ma batterie de téléphone est comme moi : au bout de sa vie !

Je remonte l'in-ter-mi-na-ble Boulevard Haussmann. Je tente de recourir sur un petit 800m je dirai, mais en fait je n'ai plus envie. Je veux juste retrouver mon SuperGG . Alors je finis en marchant.

J'arrive enfin en haut de l'avenue de Friedland ! Antoine est là aussi C'est la première fois qu'il est à l'arrivée d'un de mes marathons. Derrière mes lunettes de soleil, devine quoi ? Ben oui, je couine encore.

Comme je traverse, j'aperçois alors ma Cerysette et ses Trolls, qui sont venus aussi !!! Quelle surprise !!!! Merci !


Je couine donc encore un peu plus...

Va s'en-suivre une 3e mi-temps festive toujours aussi bien organisée par SuperGG, alias le roi absolu du ravito final ! Personne sur terre ne pourra jamais l'égaler, tenez-vous le pour dit ! Champagne, saucisson, pain frais et fromage... Et médaille en chocolat !

Avec la bénédiction de la police nationale s'il vous plaît !







Cette course était dure, et on ne va pas se mentir, j'ai souffert. Courir seul, en autonomie, sans parcours vraiment balisé, c'est difficile. Surtout quand on ne sait pas s'orienter. Mais je suis quand même très fière d'avoir réussi ce défi, même si j'ai fait pas mal d'erreurs (desquelles je vais tirer des leçons pour mes prochaines courses).

Une mention spéciale à mon SuperGG, mon supporter de toujours, NOK-crèmeur de pieds professionnel niveau expert (je n'ai pas UNE seule ampoule), et maître incontestable du ravito de Champions. Love you forever <3

Mais comme à chaque fois, malgré un corps fatigué et un peu moulu, la satisfaction, le dépassement et l'accomplissement font que, sitôt fini, on a envie de recommencer ce genre de bêtises...



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