Semi de Lisbonne (17 mars 2019)
- Cécile Germin
- 1 juin 2020
- 4 min de lecture
Ce semi, c'était ma première course seule, vraiment toute seule... sans lièvre et sans copains pour courir avec moi.
Le semi de Vincennes, où j'avais pris "le mur" au 18e km, m'avait laissé un goût amer et une grosse déception. D'ailleurs je ne suis même pas allée chercher ma médaille...
Mon coach avait opté pour une prépa allégée (plan habituel allégé d'1/3 c'est plutôt conséquent), j'étais sceptique mais j'ai une confiance absolue en mon Coach et finalement ça m'a permis de garder de la fraicheur.
Me voilà donc ce 17 mars 2019 sur la ligne de départ sur ce pont du 25 avril, seul jour de l'année où le pont est fermé aux voitures.
Les coureurs sont nombreux. Le temps est parfait : un peu nuageux mais déjà chaud. J'ai opté pour le short alors que 2 semaines plus tôt je courais au Québec, par un bon -10...
La veille avec mon homme on a cavalé sur 18km pour visiter la ville, je suis un peu inquiète pour mes guiboles...
Sur ma droite le Christ Roi se dresse face à Lisbonne. 10h30 c'est le départ.
La traversée du pont c'est juste un vrai gros kif ! Quelle vue.... mais quelle vue sur Lisbonne !!!! J'en prends plein les yeux. Un petit goût de Golden Gate Bridge ce pont du 25 avril.....


Malgré l'adrénaline il ne faut pas s'emballer. "Y aller cool et profiter" c'est mon objectif.
Fin du pont et première boucle avec une grosse descente. Je suis bien. Allure un peu rapide mais je me sens bien, j'en ai sous le pied. Il fait chaud, mais j'ai eu chaud sur le marathon et j'aurai encore plus chaud à Athènes, c'est une bonne répétition.
J'ai bossé mon plan avec une allure autour de 6.30 du km parce qu'à 6.40 je me faisais un peu ch...
Je suis autour de 6.20 mais je pense que je peux tenir. Alors j'y vais.
Les ravitos sont top ! Tous les 2.5km et de l'eau partout. Je bois beaucoup et je m'arrose.
Le mur m'a clouée à Vincennes, le mur ne me clouera pas à Lisbonne. Je bois et je mange car je sais maintenant que sans ravito, ça ne pardonne pas.
Km 7.5 : fin de la première grande boucle. Mon homme m'attend au ravito... Une mini pause, un bisou et ça repart.
On passe sous le pont. Le long du parcours, les portugais mettent l'ambiance ! C'est festif, c'est ce que j'aime sur les courses. Mais l'ambiance n'égale pas celle du marathon de Paris (tout chauvinisme mis à part).
Km 10 : je tiens mon allure. Et je suis bien. Je pense pouvoir la tenir jusqu'au bout.
Le parcours à ce moment-là est vraiment sympa.... On longe le centre des congrès, on passe devant le monument des découvertes puis arrive le monastère des Hyéronymites.

Là, c'est raide car on voit la ligne d'arrivée et ceux qui terminent. Sauf que nous, il nous reste 7km.
On passe la belle tour de Belem. J'ai étudié le parcours, et je sais qu'une autre boucle m'attend et qu'ensuite c'est tout droit jusqu'à la ligne.
Mais cette boucle est in-ter-mi-na-ble. Tout droit. Il n'y a plus de supporters.
Finalement c'est ici que se passe ma course, là précisément que le mental doit prendre le dessus. Et mon mental va gagner.
A gauche, le Tage se jette dans l'ocean. La vue est simplement sublime.
Mais bon sang que cette boucle est longue...... Je garde mon allure. Ça commence à piquer mais je ne veux rien lâcher.
Km 17 : enfiiiiin on fait demi-tour !!!!!!!
Plus que 4.
Je me dis que là, y'aura pas de mur : j'ai géré, et le jus, je l'ai... Il faut lâcher ce qui me reste dans les jambes, alors j'accélère comme je peux.
Km 18 : ravito cahotique, ça se bouscule... Je chope ma bouteille, le rituel est le même à chaque fois : boire un peu et m'arroser. J'enquille.
Km 19 : allez ! les 2 derniers, je pousse encore.
Dans ma tête je sais que si je donne tout, je tiens les 2h15.
Je fais les 2 derniers km en 6.01 et 6.10.
Je vois arriver l'arche et donc la ligne.
Regard sur la montre, le 2h15 ça va le faire.
J'ai géré toute seule, comme une grande, et j'ai pas pris ce putain de mur.
Je termine à 5.42 du km, je me suis défoncée, mais je termine en 2h15mn35s.
Je passe la ligne avec à nouveau ce sentiment indescriptible de fierté mêlée de réussite, et de réel plaisir comme j'avais ressenti au marathon.
Cette course était une belle course tant dans le parcours vraiment sympa que dans ma gestion d'effort.
Les leçons de Vincennes m'ont servi, je n'ai pas refait les mêmes erreurs.
Je n'ai pas battu mon record perso de 2h13, je n'étais pas venue pour ça, mais je me suis fait plaisir, j'ai réussi à gérer seule et à garder de la ressource pour finir en sprint. Et ça, c'est ma victoire.
Les déceptions d'hier sont les graines des réussites de demain.
Une Warrior ne baisse pas les bras. Et moi je suis une Warrior !






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