top of page

1er marathon (Marathon de Paris, 8 avril 2018)

  • Photo du rédacteur: Cécile Germin
    Cécile Germin
  • 1 juin 2020
  • 5 min de lecture



8h30 : Mon homme m'a déposée Place de l'Etoile, prise d'assaut par les coureurs. Hier, Paris appartenait aux marathoniens !

Je me suis posée sur un banc pour tuer le temps, j'ai discuté avec une nana qui courait pour l'association du Rire Médecin. Son premier marathon aussi.

Est arrivé le temps de rentrer dans le sas de départ, les Champs Élysées noirs de monde de toutes les nationalités. L'arche de départ se rapproche petit à petit. La musique des "chariots de feu" me colle mes premiers frissons. Je vois au loin la grande roue place de la Concorde. Le soleil est là : il va faire chaud. J'en peux plus, je veux partir.....


10h10 : top départ. La descente des Champs Élysées reste un moment extraordinaire. J'ai la chair de poule. Je focalise sur mon allure. Surtout pas trop vite sinon c'est ma course que je flingue. Je le sais, j'ai flingué mon semi en octobre. Une vraie leçon. Alors je les laisse passer. Et je profite. C'est du bonheur en barre.

L'arrivée sur la place de la Concorde vide de voitures, pleine de runners, avec l'obélisque et cette roue c'est très certainement une des plus belles images de mon parcours. La lumière est sublime. Pas d'arrêt photo, je dois restée concentrée.

Puis la rue de Rivoli. Le Louvre. Je visite Paris. Les gens sont adorables ils nous encouragent. Ils jouent de la musique.

Je déroule mes kilomètres. Allure impec. Je gère bien. Il fait déjà chaud et je sais qu'on va souffrir.



KM 7 : la côte de Reuilly. Je sais qu'il y a 1.2km de grimpette. Ca passe.

J'ai étudié et mémorisé le parcours ce qui me permet de savoir où seront les difficultés et les pièges.

KM 11 : Vincennes. J'espérais un peu d'ombre mais y'en a pas. Ravito. J'ai super soif... Après l'hippodrome, je vais voir Pierre. Il m'attend au 15e.

KM 12 : douleur dans le fessier gauche. Il ne faut surtout pas y penser. Je ne peux pas me choper une douleur au 12e. Il en reste 30. Je me recentre sur la musique, je contourne l'hippodrome. Il faut faire diversion au cerveau.

KM 15 : j'aperçois Pierre ! Coup d'émotions, je sens les larmes monter. Mon coach !!!! Un câlin et il enquille à côté. "Je t'accompagne ! " oh c'est bon ça !!!!!!! On discute. Le fessier s'est calmé.

Je suis régulière dans mon allure, temps de passage nickel. Il faut rester concentrée.

KM 17 : j'ai un voile devant l'oeil droit. Chaud, chaud, chaud. Je trempe ma casquette aux stands d'épongeage. Je ne dis rien à Pierre car j'ai peur qu'il me dise d'arrêter. Je vais gérer.

KM 21.1 : Ca y est : on arrive au semi !!!!!! Je suis bien, le voile est passé. Bon chrono. J'ai fait la moitié.

Pierre ne me lâche pas. Il me dit quand boire, me prépare le ravito. On discute. Des mois qu'on s'est pas vus, on en a des choses à se raconter...

KM 23 : Christophe nous rejoint. Trop bon de voir arriver les copains... Et on continue à causer, on rigole. Je suis bien. Mais fichtre qu'il fait chaud... Garder l'allure : c'est ma préoccupation.

Notre Dame, ... les quais : la visite de Paris continue. C'est beau. J'en prends plein les yeux, et les gens nous encouragent.

Je sais qu'arrivent les tunnels. J'appréhende, j'ai peur d'être malade. Les mecs sont tops. En fait les tunnels c'est le petit coup de frais !!!!! Les sorties grimpent un peu, mais ça passe.

KM 29 : Line, ma collègue "Siamoise" ! Elle nous attend "à gauche", mais sa gauche..... donc notre droite. Les flics avec elle sont morts de rire. Nous aussi.

Purée quel ascenceur d'émotions cette course !!!!!

La Dame de Fer m'attend !!!!!!! Et la récompense arrive : elle est là, superbe ! Je profite. Arrêt photo ! Le seul accroc dans ma régularité hihihi.



KM 30 : C'est maintenant que risque d'arriver le Mur, le cauchemar absolu du marathonien, ce moment où la course peut devenir un enfer et le rêve de victoire s'évanouir. Ce moment où le corps puise dans les dernières réserves.

Je me sens bien. Je tiens toujours mon allure. Je l'ai tenue 30km, il faut continuer. J'ai des amis qui courent avec moi, je pense à tous ceux qui sont derrière moi en pensée, je sais que je ne le cours pas seule ce marathon. Et je sais que les derniers kilomètres vont être les plus durs.

KM 31 : Fifi nous rejoint en Vélib. Et rebelote : l'ascenceur émotionnel. Faut pas craquer... Il y a 2 ans j'étais à ses côtés, cette année c'est lui. C'est un peu de sa "faute" si j'en suis là. L'ambiance, le dépassement, ça m'avait donné envie.

On continue à rigoler. Y'a pas : on fait une fine équipe.

Merci les copains. Sans vous, je ne sais pas si j'aurais pu aller au bout.

KM 33 : LA côte : le boulevard Suchet. Je suis consciente que c'est là que ça craint. Cette côte c'est la dernière. J'ai soif. Non en fait : je crève de soif. Cette côte n'est pas énorme en soi mais au 33e, oh purée qu'elle est raide ! Mais derrière c'est Boulogne, la dernière partie du parcours.

KM 35 : ça y est je souffre. Les cuisses brûlent. Je vais rentrer dans le dur. Là, il ne faut rien lâcher. Garder l'allure. Absolument. J'ai géré jusque là.

Les copains me boostent. Toujours un petit mot sympa.

Boulogne. Je commence à me mettre en "mode auto". Mille pensées se bousculent dans ma tête. C'est difficile à expliquer.

Fifi décompte les kilomètres restants. On arrive au bout. Je vais finir, même sur les dents, mais je vais finir.

Je me mets dans ma bulle. Je remets ma musique. J'ai besoin d'eux, mais là j'ai besoin de moi.

KM 40 : je sens monter les larmes. Je ne peux pas les retenir, et finalement je n'ai pas envie de les retenir. Ces larmes sont un mélange de joie, de fierté, de douleur, d'émotions, de décompression, d'accomplissement.

Je dois me ressaisir, vite car il reste 2km à parcourir.

Je ne sens plus mes cuisses. J'avance.



KM 42 : porte Dauphine. Devant moi : Corinne ! Qui a renoncé la semaine dernière avec regret à m'accompagner car elle a le dos en miettes. Je ne savais pas qu'elle viendrait. Je tombe en larmes dans ses bras. Il faut repartir. Il reste 200m. 200m... Le but est là.

Dernière ligne droite : mon homme est là... Il est là. Il est fier. Je le vois dans ses yeux. Le cardio enregistrera sa pointe ici précisément. 214 pulsations/minute. ❤

Je ne peux plus m'arrêter: il faut finir !

Ces derniers mètres je les savoure, malgré mes cuisses en feu.

Le tapis vert... et l'arche d'arrivée qui m'attend.

Je passe la ligne, avec le sourire et une immense fierté non dissimulée. Qu'est ce que c'est bon !

Ca y est : je suis marathonienne. J'ai réussi !!!!!! J'AI REUSSI !!!!

5h 34mn et 32sec pour boucler 42.195km


Le temps s'arrête sur l'avenue Foch inondée de soleil. Mon coeur est gonflé à bloc.

J'ai besoin de reprendre mes esprits.

Il me faudra quelques minutes pour réaliser et reprendre mon souffle. Je me laisse passer la médaille autour du cou. Je déguste cet instant.

Quelle victoire sur moi-même ! Moi, mes doutes, mes peurs, mes démons. J'ai tout surmonté. Je suis une warrior winneuse !

J'ai beaucoup appris pendant ces mois de préparation et pendant cette course.

La petite 3e mi-temps avec les copains finira de parfaire cette belle journée.


"Transforme ta peur en volonté, transforme ton angoisse en joie ! "

Commentaires


© 2023 par SUR LA ROUTE. Créé avec Wix.com

  • b-facebook
  • Twitter Round
  • Instagram Black Round

Merci pour votre inscription à la newsletter !

bottom of page