RAIDLIGHT DESERT TROPHY 2024 * Episode 6
- Cécile Germin
- 12 oct. 2024
- 5 min de lecture
Etape 2 :
« LE DESERT EST UN LIEU DE VERITE BRUTE, OU IL EST IMPOSSIBLE DE SE CACHER DE SOI-MEME » (Paulo Coelho)
Après une bien meilleure nuit de sommeil et un solide petit déjeuner au houmous, il est temps de partir pour la 2e étape.
Cette fois-ci je rejoins le groupe des randonneurs.
Nous allons être emmenés en 4x4 (tu te souviens ce grand moment à notre arrivée dans le désert ? Ben on va remettre ça ahahah) 10km plus loin, pour suivre le même parcours que les traileurs.
Nous changeons de bivouac, donc ce matin nos sacs sont chargés à bloc.
Si hier, j’avais, je l'avoue, une pointe de déception sur ma première étape et ma mauvaise gestion de course, ce matin, j’ai digéré, et je suis prête à repartir dans de bonnes conditions. L’idée n’est pas de se mettre en danger, l’idée est de profiter de ce désert sublime. Je suis réhydratée, je n’ai pas d’ampoules, les étoiles sont alignées pour que cette journée se passe bien.
Les 4x4 nous déposent au milieu de nulle part, au KM10, après une course poursuite du tonnerre, beaucoup de fumée noire, de rires, et une casquette envolée…32 km nous attendent.
Le départ est donné, le groupe s’étire petit à petit.
Je prends mon rythme assez rapidement, j’ai retrouvé mes sensations dans le sable, je sais qu’il faut chercher le sable le plus dur quitte à sortir un peu de la trace.
C’est moins fatigant. Je retrouve mes marques, je suis de nouveau dans l'Aventure !
Back in the Game !
Cette 2e étape est indéniablement celle des dromadaires : il y en a partout ! C’est incroyable ! Des familles entières de dromadaires dans leur environnement naturel. Je n’en ai vu que dans des zoos. Jamais en liberté. Ils nous regardent passer, parfois nous approchent. Au sol, des dizaines de traces de pattes de toutes tailles. C’est magique : le Désert regorge de bien des surprises.

Le soleil tape déjà fort. Je sais que je dois boire encore plus qu’hier, où clairement je me mettais en danger. Je dois vider mes gourdes avant chaque ravito. Je suis bien plus confortable que la veille.
J’ai retrouvé mes habitudes du Pérou, quand le terrain s’y prête, je trottine, mais la course c’est fini !
Le groupe est complètement étiré, mais le dossard 132 ne ferme plus la caravane. Lorsque j’arrive aux ravitos, on m’accueille bien différemment d’hier : « Ohhhhh !!!! Le 132 !!!! Ben dis donc, ça va mieux ! »
J’avoue aussi qu’il y a quand même bien plus de choix ! Je troque banane contre Tagadas. Et le Coca, même s’il est tiède, ça fait du bien…
Aujourd’hui je profite. ENFIN ! Le décor s’y prête, c’est vraiment somptueux. Je suis toujours seule, je n’ai personne à mes côtés qui aille à mon rythme. Mais je le vis bien, j’aime cette solitude, ce temps pour moi avec moi. Être seule dans le désert, c’est être seule face à soi-même, et j’aime ça. Dans le silence. Je laisse mes pensées vagabonder, au fur et à mesure que le paysage change. Je ne suis pas déçue par le Wadi Rum.

Ce désert est bien différent de celui d’Ica au Pérou. Différent mais tellement beau. On se croirait dans un décor de cinéma : des rochers imposants, du sable de multiples couleurs, une végétation surprenante. J’en prends plein les yeux ! Des fleurs, des lézards, des fourmilières, des buissons de plantes bizarres qui ressemblent à des brocolis.
Henri, le mari d'Isabelle, me rejoint. Nous partageons un bout de chemin ensemble. Nous parlons des jeunes étudiants en médecine, de la difficulté de leurs études, du système de santé français en général. Il me parle un peu de son parcours. C'est aussi ce que j’aime dans ces aventures : les rencontres qu'on y fait.
Un temps égarés sur le sentier, nous retrouvons les fanions roses et la bonne direction. Puis Henri reprend son rythme, et petit à petit, me distance. Le parcours de trail doit être bien costaud, car je n’ai été dépassée que par 5 coureurs, dont Salameh le jordanien qui court sans verser une goutte de sueur et presque sans toucher le sol, et Aline, ma belle Gazelle du Désert…
Je n’ai vu ni Fabrice, ni Valery, ni Jordan qui sont pourtant des machines de guerre et dans le top 10. Je me doute qu’ils doivent être dans le mal. Le sable est très mou, il fait très chaud, j’espère qu’ils vont bien.

Les kilomètres défilent, sous un soleil de plomb, mais nous ne verrons pas un poil d’ombre. J'ai mal au pied droit. Je dois avoir une ampoule d'enfer, avec la mauvaise position de mes pieds, le dévers, le sable… je décide de ne pas retirer mes chaussures avant l'arrivée.

Après 07h03mn et 32 km, je franchis la ligne d’arrivée, bien plus fraîche que la veille !
Et pas encore de Fabrice au bivouac. Il arrivera une grosse vingtaine de minutes plus tard, déconfit.
Ça me confortera dans mon choix : j'ai bien fait de changer, j’aurai sué sang et eau. Jordan arrive déshydraté, je lui fais découvrir le pouvoir magique du Kub-Or, ce sera pour lui une révélation. Lui qui me confie rêver d’une côte de bœuf, découvre avec ravissement mon bœuf séché et mes « M&M’s » pas fondus, car NON ! Les « M&M’s » ne fondent pas dans le Désert, la Grande Prêtresse du Désert Cécile Bertin avait raison, nom de Zeus !!!!!
Finalement, pas d'ampoule, juste un bon échauffement sur lequel le Toubib me conseille de mettre un Compeed demain, avant de partir.
Assise sur mon matelas, cette seconde étape accomplie, je peux maintenant ouvrir mon second Ceryzor 300+. Cette fois-ci, la médaille indique « You are amazing ! Remember that ! ». C’est cette étape qui était « amazing » !
Malgré ses 32km et la chaleur, j’y ai vraiment pris du plaisir.

Je profite du buffet des bédoins, nous sommes vraiment chanceux d’avoir ces buffets aux spécialités locales. Il y en a pour tous les goûts, c’est délicieux, préparé sur place. Même si elles me font envie, je ne toucherai pas aux crudités, trop peur d’avoir les intestins en vrac. Le soir, ils remettent ça, avec le petit feu de camp qui va bien.
Ce soir, nous sommes sur un nouveau bivouac, j’ai changé de tente, ce sera une tente qui ne ferme pas, mais sans ronfleurs !
J’ai retrouvé Aline, ma Gazelle, qui dort à mes côtés.
Cette nuit encore, je vais bien dormir, bercée par le seul souffle du vent.
.../... à suivre




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