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RE-VOLUTION : Le tour de l'Ile de Ré en courant * 2/2

  • Photo du rédacteur: Cécile Germin
    Cécile Germin
  • 28 janv. 2025
  • 7 min de lecture

... 06H10 : contre toute attente, le trio infernal est déjà prêt à en découdre.  Nous décidons de partir en avance, à la lueur de la frontale, et bien couverts, car il fait encore un peu frais. Direction le Pont pour un aller/retour plutôt venteux !


Le retour sur l’île est magnifique, avec le jour qui se lève sur l’île, la course s’annonce bien, la journée va être belle. Nous continuons par Sainte Marie, en longeant un peu la côte, seuls au monde.



KM20 : Antoine a un souci avec le panier de son vélo. Trop chargé, le vélo est tombé, car déstabilisé, et les liens qui tenaient le panier sont cassés. Mes Hommes décident donc de retourner à la boutique de vélos sur Sainte Marie, pendant que je continue, après avoir récupéré de l’eau et de quoi manger.

Au fur et à mesure que j’avance, je me dis que la boutique risque de ne pas être ouverte car il est tôt, mais bon, j’essaye de rester focus. Ces petits aléas me distraient, mais je dois essayer de ne pas me perdre et garder mon allure. Nous ne sommes qu’au début, il y a encore 80km à faire, je ne dois pas me griller. Le parcours est vraiment joli, en revanche s’orienter seuls est plutôt difficile, nous n’avons pas eu le temps de faire une reconnaissance complète du parcours. Et sur un OFF, pas de balisage. Ni GG ni moi ne connaissons l’île de Ré, il va donc falloir que mon parcours soit au top. KM35 : près 5h de course L’allure est parfaite mais nous ne sommes pas du tout sur l’itinéraire prévu. Nous avons tenté de rejoindre le tracé initial, sans succès, et nous nous sommes rallongés d’au moins 3km. Chercher le chemin ça casse le rythme et ça me stresse, je n’arrive pas à rester focus. Mentalement c’est compliqué. J’ai calculé mes temps de passage aux points stratégiques, et se perdre, rallonger, ça décale tout, et je perds mes repères, petit à petit, un par un.

Nous empruntons le chemin que nous devrions prendre au retour. C’est vraiment beau, nous sommes dans les marais. Il y a beaucoup de monde, je me dis que l’été ça doit être l’enfer !

J’ai du mal à manger, boire ça va, mais manger c’est moins facile. Pierre me donne des conseils par messages vocaux. Il ne me lâche pas, même à distance. KM45 : 6H30 de course Mes Hommes sont partis devant et nous devons nous retrouver au phare des Baleines. J’espère que nous n’allons pas nous perdre à nouveau car je n’ai pas l’intention de faire 120km ! Je me suis remobilisée et je suis de nouveau dans ma course. Le phare est la première « base de vie » identifiée, je sais qu’on va se poser un petit moment, une première pause. L’avantage d’un phare, c’est que tu le repères de loin ! J’arrive au phare : il est 13H00  J’y retrouve mes Hommes, attablés devant un burger/frites. Un Coca plus tard (du sucre du sucre !), je remplis ensuite mes gourdes, mange un morceau, et une « escale technique » avant de repartir ! 13H30 : on y retourne ! C’est difficile, les cuisses sont très raides. Je repars en marchant, puis trottine et au bout de quelques minutes je me remets dans mon allure. C’est reparti mon Kiki ! Il fait un temps magnifique, on a beaucoup de chance par rapport à hier. Que le parcours est beau ! Je ne regrette pas mon choix. KM54 : 8H10 de course Changement de parcours : on fera l’impasse sur Trousse Chemise et la Patache, car il y a un aller-retour à faire qui n’était pas prévu, et qui nous rallongerait encore, donc on s’adapte au fur et à mesure. C’est encore très déstabilisant mais cette fois-ci je l’encaisse mieux.  Antoine suit, sans rechigner. Il roule, il veille au grain, me donne à boire, à manger. Il m'impressionne car il a passé quelques mois compliqués, et n'a aucun entraînement sportif.  Mais il ne lâche rien, "On commence ensemble, on finit ensemble !". Il me répètera cette phrase plusieurs fois au long du parcours. Ils font une bonne équipe d’assistance avec son père. Cette fois-ci, c'était une course à 2 qui s'est transformée par hasard en course à 3 (... mais au fond y a-t-il vraiment un hasard ? ...), une aventure en famille, qui nous laissera le souvenir exceptionnel d'un dépassement collectif. S'aider, s'encourager, chercher son chemin, faire attention à l'autre, tenir bon et ne rien lâcher, faire fi des douleurs, et repousser ses limites... ensemble ! Nous avons fait la moitié du parcours. Il fait vraiment bon. Nous sommes bien, les paysages sont splendides, l’île de Ré à un côté sauvage qui lui donne un charme fou. Les Marais m’ont particulièrement enchantée, la luminosité, la faune et la végétation sont incroyables. 8H45 de course Le clocher d’Ars est en vue, notre prochaine base de vie. Mes Hommes ont pris de l’avance, et m’attendent au Café du Commerce, sur le port. La veille, j’ai reluqué de sublimes profiteroles au chocolat, mais j’avoue que là tout de suite, j’ai surtout envie d’une bonne crêpe au sucre. Nous faisons la deuxième coupure de la journée (20mn), la dernière étant prévue à La Couarde. La crêpe est succulente et m’a fait beaucoup de bien, mais une fois encore, repartir s'avère très compliqué. Clairement je m'arrête trop longtemps. Le corps se refroidit, les muscles sont fatigués, je suis raide, et me remettre en ordre de marche prend encore quelques minutes. KM67 : 10H50 de course. J’ai les cuisses en feu, je commence à couiner, ça tire. J’ai un petit coup de mou. SuperGG me propose de couper court et de rentrer à l’hôtel ! "Nan mais allô quoi ?" Evidemment Antoine sait très bien que je vais dire non ! Parce que tu te doutes bien que j’ai dit non. Il reste 35 bornes à faire. C’est quand ça commence à être compliqué et difficile que la course débute, quand la tête doit prendre le lead sur les jambes.… Pas du Préau, le long de la mer, c’est vraiment très joli ! Direction la pointe du Groin (gruiiik gruiiik)

KM80 : 13h20 de course Je trottine toujours, nous sommes entre La Couarde et St Martin, nous avons décidé de ne pas nous arrêter sur la dernière base de vie, car clairement je ne pense pas pouvoir repartir si je m’arrête encore une fois. Le soleil se couche, c’est splendide. Nous avons traversé la passerelle entre Loix et La Couarde au soleil couchant, les couleurs étaient incroyables ! Les Hommes fatiguent, ça commence à trainer un peu, SuperGG propose régulièrement de retourner à l’hôtel.  La gestion de course devient compliquée. J’aimerai continuer à trottiner au maximum mais je sais que ça va être difficile de courir jusqu’au bout. J’ai reçu pas mal de messages de mes ami(e)s tout au long de cette journée extra-ordinaire : sms, messages vocaux, certains très drôles et aussi débiles que la balade. Merci de m’avoir portée, ces messages (parfois simplement un petit émoticône) sont toujours très utiles surtout dans les moments difficiles. KM88 : 15h de course, 21H – La Flotte La décision a été prise de rentrer direct à l’hôtel sans passer par Rivedoux comme initialement prévu. Il nous reste 7km, nous sommes tous les trois tannés, hors de question de ne pas finir ensemble. KM89 : je ne peux plus courir, mes cuisses sont en mode combustion spontanée, ça tire, je sais que je vais finir en marchant, mais comme je suis aussi une teigne, je tente de trottiner quand même encore un peu. Je sais que je commence à me fermer. Je rentre dans le dur. KM92 : les km sont longs comme jamais, nous sommes dans la nuit, longeant la route sur la piste cyclable. Des voitures passent et doivent se demander qui sont ces trois barjots qui marchent et pédalent à point d’heure et à la lumière de leurs frontales. Je sais qu’au 94e km il faudra bifurquer. Mon cerveau demande du répit, j’ai envie de rentrer, je suis cuite. Ces 2 km jusqu’à la bifurcation vont s’avérer in-ter-mi-na-bles. Je demande à SuperGG toutes les 2mn où nous en sommes, persuadée que nous avançons plus vite, et chaque fois je tombe de haut car nous n’avons fait que 200m. Mon mental est en train de se faire la malle, les 2km les plus longs de l’histoire… Je suis tannée, j’en ai marre. De toutes façons maintenant il faut rentrer, je me dis que je n’aurai pas enquiller plus de 100 bornes, j’ai déjà du mal à venir à bout de ces 2km. KM94 : ENFIN ! La bifurcation pour enfin rejoindre l’hôtel. La ligne d'arrivée est proche. Nous allons boucler ce nouveau défi. Nous quittons la piste cyclable et retrouvons les rues illuminées de Sainte Marie. KM96.1 : 16H40 de course ! Fin de la balade… Nous arrivons à l’hôtel. Nous avons réussi : nous l’avons faite, notre RéVolution ! Et je suis tellement fière de nous trois ! Je suis donc celle qui a un SuperGG qui enchaine les 100 bornes à vélo sans entrainement avec un régime frites / Ti Punch, et un Antoine qui s’est retrouvé embringué dans le délire de sa mère sans pouvoir dire ouf, et qui a lui aussi enchainé les bornes.  Parce qu’eux, avec leur mésaventure de panier, ils ont largement fait leurs 100 bornes. Après quelques minutes pour nous poser et nous congratuler, une bonne douche et tout le monde au lit ! J'ai trouvé que j'avais plutôt bien géré mon alimentation et hydratation, bien mieux qu'à Millau (j'ai tiré les leçons). En revanche le parcours n'était pas maîtrisé. Quasiment toute ma gestion de course s'est faite au pif, puisque mes repères n'étaient pas bons, et qu'il a fallu improviser. Le plan et les temps de passage ont littéralement sauté. J'ai perdu pied au début mais j'ai fini par m'adapter.  Comme toujours c'est le mental qui commande. J’avoue que sur la fin, le mental a été mis à mal. Alors oui, le Tour n'est pas vraiment celui qui était prévu et oui, c'est vrai, les 100km n'y sont pas. Il n'en demeure pas moins que je suis extrêmement fière de ce que nous avons accompli, en famille. Nous avons fait le tour de l'île de Ré ! Une RéVolution… C'était un challenge très difficile, qui m'a largement fait sortir de ma zone de confort. L'entraide, l'esprit d'équipe, la bienveillance, l'amour, la persévérance, voilà tout ce qu'il y avait dans ce OFF, alors que ce soit sur 96 ou 100km, finalement qu’importe ! Des valeurs, et une belle leçon de vie pour chacun, à un moment de nos vies bien opportun. 

 

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